Définition du tiers lieu par Hugues Bazin, sociologue

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Le tiers lieu devient aujourd’hui un référentiel initié par la culture numérique si l’on veut bien ne pas résumer le « numérique » aux « nouvelles technologiques », mais aussi inclure une recomposition de nos rapports à l’économie et à la culture dans la dématérialisation et la rematérialisation des supports de la connaissance. Ces espaces se sont souvent développés de façon plus ou moins expérimentale et intuitive. Le tiers lieu n’est pas obligatoirement fixe, il peut être nomade. Il est basé en particulier sur le principe du coworking, qui comme son nom l’indique est un travail partagé autrement que sur les critères d’entreprise classique, selon un espace-temps différent reposant sur un esprit entrepreneurial propre à cette génération numérique selon certaines valeurs et méthodologies :

  • L’esprit d’ouverture et la possibilité d’accéder au lieu par tous. Le tiers lieu doit permettre de créer les rencontres, accueillir une diversité et rester disponible à l’inattendu.
  • Le principe d’espace intermédiaire entre dimensions publiques et privées, entre le lieu du travail est le lieu d’habitation dans un accompagnement mutuel à l’autoformation où sont validées des compétences collectivement par les pairs.
  • Assujettir l’économie au processus de création et non le contraire, associer le consommateur au processus de production, développer une consommation partagée.
  • Le lieu est conçu par les usagers. C’est le principe de maîtrise d’usage. Il n’y a pas de tiers lieux types, c’est un espace idéal type à atteindre.
  • Ce sont des lieux non disciplinaires, ils croisent  différentes approches sans se ranger dans l’une d’elles : sociologique et psychosociologique (dynamique de groupe), socioprofessionnelle (formation), économique (incubateur d’initiatives), culturelle (grammaire de la multitude), territoriale (centre de ressources, pôle de créativité), etc.
  • Le principe d’innovation inclut une tolérance à l’erreur à la déférence de l’ingénierie de projets classiques.
  • La liberté naît de la possibilité de jouer entre les postures d’agents, d’acteurs et d’auteurs.

Le tiers lieu renvoie à une micropolitique des groupes : le vœu d’instaurer des relations équitables entre les différents acteurs en coprésence entre en tension avec l’inégalité des rapports à l’usage des espaces de collaboration. La dimension écosystémique peut être mise à mal par la cohabitation d’activités disparates tout en se nourrissant d’elle.

La suite, sur les tiers espaces… : http://blogs.mediapart.fr/blog/hugues-bazin/291013/les-figures-du-tiers-espace-contre-espace-tiers-paysage-tiers-lieu

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